Qui sommes-nous ?


Je n’ai rien dit…

Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit, j’étais protestant.
Puis, ils sont venus me chercher, et il ne restait personne 
à mes côtés.

Rev. Martin Niemoeller

Janvier 2003: NAISSANCE DU MOUVEMENT

Suite au grand succès de la manifestation du 18 janvier 2003 à Ottawa, des militants pour la paix de l’Outaouais ont eu l’idée de se réunir et de créer un rassemblement régional pour la paix, le ROCG. En effet, il était devenu nécessaire de mettre sur pied une organisation outaouaise pour intégrer le point de vue québécois et francophone dans la lutte contre la guerre. Notre but initial était d’amplifier la contestation régionale contre le projet d’agression de l’administration Bush sur le peuple irakien. À peine mis en place, le ROCG a organisé avec succés les manifestations d’Ottawa-Hull dans le cadre des journées internationales contre la guerre: le 15 février (photo ci-contre) et le 15 mars 2003. 

Malheureusement, ces manifestations aussi gigantesques furent-elles de part le monde n’ont pas réussi à dissuader Bush et ses vassaux à entrer illégalement en guerre. L’agression américaine contre l’Irak a débuté le 19 mars 2003, à 2h15GMT. Ce sinistre événement pourrait malheureusement figurer comme date historique. Elle vient consacrer la loi du plus fort. Elle marque un recul dramatique des lois internationales qui, bien que très imparfaites pour l’instauration d’une vraie paix et justice globales, n’en constituaient pas moins un certain progrès par rapport à la situation d’il y a un demi-siècle. Des crimes contre la paix, contre toutes les lois internationales et surtout, contre le peuple irakien, ont été consommés par les administrations Bush et Blair. La décision américaine de renverser les structures onusiennes et le droit international constitue une grave source d’instabilité dans le monde et pourrait conduire à une déflagration majeure sur toute la planète.

Mars 2003: QUE SOIT MISE FIN À L’AMBIGUÏTÉ CANADIENNE

Le ROCG demande au gouvernement canadien de ne point participer, directement ou indirectement aux hostilités militaires. Également, nous demandons l’arrêt des sanctions économiques qui affligent l’Irak, car elles sont responsables de souffrances humaines intolérables pour le peuple irakien. 

Nous demandons le retrait des trois navires de l’armée canadienne qui mouillent actuellement dans les eaux du Golfe Persique. Officiellement, ces navires sont postés dans cette région du monde dans les cadres de la guerre au terrorisme et du programme des sanctions de l’ONU contre l’Irak. Malheureusement, il y a tout lieu de craindre que ces navires serviront à la guerre contre l’Irak. Aujourd’hui, 1200 soldats canadiens sont stationnés dans cette région, certains d’entre eux sont même intégrés dans les bataillons australiens, britanniques et américains dans le cadre de «programmes d’échange». Toutes les forces canadiennes placées dans cette région du monde doivent être rapatriées.

Certes, nous saluons la décision du gouvernement canadien de ne pas participer aux hostilités, preuve que les pressions de la rue ont été efficaces. Toutefois, le doute nous tenaille quant à la position réelle du gouvernement canadien. En effet, celui-ci maintient toujours ses forces armées dans la région, il y a là une contradiction incompréhensible. Le gouvernement a demandé à tous ses hauts fonctionnaires de ne plus commenter les raisons qui poussent certains pays à approuver ou désapprouver la guerre. Pire encore, le premier ministre du Canada nous demande d’être résigné et de «vivre avec» cette situation. Veut-il dire: s’installer dans son sofa et contempler ce morbide «spectacle» au petit écran? Le premier ministre du Canada va jusqu’à souhaiter, publiquement, «bonne chance à nos amis du sud». Le ministre canadien des Affaires étrangères déclarait le 25 mars 2003 que «ce serait une lâcheté de retirer nos troupes». … Et le 26 mars 2003, un militaire britannique questionné par un journaliste de la CBC confirmait que des soldats canadiens sont effectivement en «situation de combat». Cette information n’a pas pu être démentie par le gouvernement canadien, confirmant ainsi la duplicité à la tête de l’État canadien. La confirmation est venue quelques jours plus tard quand le chef d’état major de l’armée de terre canadienne a déclaré : «S’il devait y avoir des forces américaines additionnelles déployées, certaines pourraient compter des officiers canadiens avec elles» (Le Devoir, 2 avril 2003).

Le Canada refuse donc de condamner publiquement l’acte d’agression anglo-américain. Cela n’est pas acceptable. Cette guerre est, rappelons-le, illégitime, illégale, immorale et doit donc être dénoncée comme telle. 

La décision du gouvernement du Canada de débloquer 100 millions de dollars pour l’aide humanitaire en Irak ne dissipe pas cette ambiguïté. Le gouvernement doit prioritairement mener tous les efforts nécessaires pour dénoncer la guerre, la faire cesser le plus tôt possible et exiger le rapatriement de toutes les troupes étrangères en sol irakien. Songer à l’aide humanitaire sans effort diplomatique pour mettre fin au carnage, n’est-ce pas, d’une certaine façon… cautionner l’agression américaine? 

Constatant les louvoiements du gouvernement canadien sur la question irakienne, le ROCG a invité les manifestants du 22 mars 2003 à envoyer un message à Mr. Jean Chrétien. De nombreux citoyens ont dessiné à la craie des points d’interrogation sur l’édifice Langevin à Ottawa pour demander au Canada de dissiper l’ambiguïté de sa position. La voix officielle du pays doit s’opposer énergiquement, sans ambages, contre cette guerre et ce, de façon constante et cohérente.


Avril 2003:
 LES MOUVEMENTS POUR LA PAIX MAINTIENNENT LA PRESSION

Aujourd’hui, même si le régime de Saddam Hussein est tombé, même si l’intensité des combats semble avoir diminué, il faut continuer de dénoncer l’invasion et l’occupation de l’Irak. Ces actes sont illégitimes et contreviennent aux règles du droit international. La militarisation à outrance et la guerre ne sont pas des solutions.Ou alors c’est le retour de la barbarie… La Charte des Nations Unies a été brisée au nom des très douteux arguments d’armes de destruction massive en Irak, et d’un hypothétique soutien irakien aux groupes terroristes islamistes. En dépit de cette propagande, la population mondiale est en train de réaliser peu à peu l’ampleur du mensonge. Des vies humaines, sans doute moins précieuses que celles du World Trade Center selon la Maison Blanche, ont été sacrifiées pour prouver que la domination américaine ne saurait être contestée. Si cela continue, les pays un tant soit peu méfiants envers les États-Unis vont tous finir par figurer sur la liste noire de la Maison Blanche, le fameux «axe du Mal». Cela surviendra d’autant plus facilement que des ressources naturelles seront en jeu. Cela ressemble fort à de l’impérialisme, alimenté par la soif de pétrole et la soif de domination tout court…

Mai 2003: POSITIONS DU ROCG RÉAFFIRMÉES

La présence américaine en Irak ne doit pas être pas vue comme un acte de libération, mais bien comme une invasion militaire, une occupation. Le mouvement anti-guerre a réussi à convaincre la vaste majorité de la population mondiale de l’illégitimité de l’attaque américaine. Aujourd’hui toutefois, forte d’une victoire militaire, l’administration américaine cherche à «normaliser» l’occupation de l’Irak. Une subtile propagande vise à persuader l’opinion mondiale de la légitimité d’une gestion américaine en Irak, des privatisations des ressources pétrolières, …etc. La seule légitimité de cette «normalisation» est celle de la force et non celle du droit international qui a été malheureusement battu en brèche. Les États-Unis visent à créer un nouvel ordre légal qui banalise l’occupation de pays souverains et le rétablissement de protectorats.Cette politique propre aux États voyoux est inacceptable.

Dans ce contexte «d’après-guerre», les positions du ROCG restent toujours pertinentes, à savoir:

  • L’illégitimité totale de l’agression anglo-américaine.
  • La dénonciation de l’occupation de l’Irak et de la «normalisation». Logiquement, cela signifie que les pays occupants doivent réparer les désastres humains, matériels et environnementaux dont ils sont responsables. Ces réparations doivent se faire avec les deniers des agresseurs et non par l’argent du pétrole irakien dont les É.U. se sont arrogés la gestion.
  • La véritable «libération» de l’Irak passe par le retrait immédiat de toutes les troupes militaires étrangères postées dans le pays.
  • Non à une quelconque implication du Canada dans le golfe Persique ou ailleurs dans le monde au nom de la «guerre au terrorisme».
  • S’opposer aux lois anti-terroristes qui ne respectent pas les droits de la personne et le droit à un procés juste et équitable (cas de Mohamed Harkat, ..etc). Ces lois érodent les droits démocratiques fondamentaux et font doucement glisser nos sociétés occidentales vers des régimes policiers.
  • Non à la militarisation de l’économie du Canada. Par conséquent, le Canada ne doit en aucune manière travailler au bouclier anti-missile américain. Ce projet va à l’encontre de la paix dans le monde et ne vise rien de moins qu’à perpétuer le fossé Nord-Sud. Comme vient de le dire Amnesty international dans son rapport du 28 mai 2003: «La guerre au terrorisme encourage l’insécurité.».

Le ROCG réaffirme le droit à l’autodétermination du peuple irakien. La véritable reconstruction du pays ne sera possible que lorsque toutes les forces occupantes auront évacué l’Irak et lorsque ces États voyous ne feront plus de l’ingérence dans les affaires irakiennes. Il est important de faire confiance au peuple irakien: les IrakienNEs sont capables d’entreprendre la reconstruction de l’organisation politique, économique et sociale du pays.
L’ONU sera un partenaire crédible pour l’Irak quand celle-ci aura procédé à la démocratisation de ses institutions. Nous souhaitons que l’ONU puisse effectuer le travail qu’elle est supposée faire selon ses chartes fondatrices et l’esprit des lois internationales qui sont supposées régir les rapports entre nations. Malheureusement, cela est loin d’être le cas à l’heure actuelle…

Le ROCG dénonce les mesures d’inpiration raciste du gouvernement d’Ariel Sharon à l’encontre des Palestiniens.

Le ROCG commencera à faire des liens entre cette guerre et la mondialisation économique ultralibérale.

RESTEZ VIGILANTS !

La nouvelle norme de «guerre préventive» ne saurait être tolérée par les artisans de paix. Les mouvements pour la paix de la région d’Ottawa-Gatineau restent donc vigilants et continuent à mobiliser la population sur cet enjeu majeur pour l’avenir de notre planète. Le ROCG est convaincu que les peuples du monde, engagés massivement contre la guerre, peuvent encore arrêter ces folies meurtrières. Restez informé auprès du ROCG ou auprès du groupe d’Ottawa, Nowar-Paix, avec qui nous sommes en lien étroit.