Non à la guerre
Non au Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité

Les 21 et 22 août prochains, se tiendra au Château Montebello, dans l’Outaouais québécois, la troisième rencontre des leaders canadien, étasunien et mexicain – Harper, Bush et Calderon – dans le cadre du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP). Le Collectif Échec à la guerre et l’Alliance canadienne pour la paix dénoncent ce partenariat des plus hautes sphères économiques et politiques des trois pays parce qu’il n’améliorera ni la sécurité ni la prospérité des populations et qu’il est contraire à leurs aspirations. Nous appelons tous les organismes et tous les individus qui prônent la paix à protester contre la guerre et le PSP au mois d’août.

Le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP) a été signé par le premier ministre Paul Martin et les présidents Vicente Fox et George W. Bush, le 23 mars 2005. Puis est venu le second sommet, à Cancun, en mars 2006, où Stephen Harper représentait le Canada. Les reportages médiatiques sur ces rencontres ont passé sous silence les enjeux cruciaux qui fondent ce ‘partenariat’: l’extraction et la livraison accélérées des ressources pétrolières et hydrauliques canadiennes à l’économie étasunienne; l’approfondissement du partenariat économique avec les États-Unis à condition d’adopter la guerre comme élément central de politique étrangère; le prétexte de la ‘sécurité nationale’ pour justifier le secret entourant la nature précise des discussions et des accords conclus.

Garantir et accroître les profits des plus grandes entreprises

Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, George W. Bush déclarait « vous êtes avec nous ou vous êtes avec les terroristes ». Cette année-là, la seule directive qu’avait reçue Paul Celluci, lors de son entrée en fonction comme ambassadeur des États-Unis au Canada, était de faire en sorte que les dépenses militaires canadiennes augmentent de façon très importante. Au cours de son mandat, il répétera inlassablement que, pour les États-Unis, « la sécurité est plus importante que le commerce ». Le message était clair : à moins d’adopter le même agenda ‘sécuritaire’ que les États-Unis, nos relations commerciales pourraient en souffrir.

C’est dans ce contexte qu’en janvier 2003 le Conseil canadien des chefs d’entreprises (CCCE) lance son Initiative nord-américaine de sécurité et de prospérité dans laquelle il prend notamment position pour la « frontière intelligente », pour la sécurité de l’approvisionnement étasunien en ressources énergétiques canadiennes, pour le bouclier antimissile, pour l’accroissement des dépenses militaires et pour l’interopérabilité des forces armées canadiennes et étasuniennes. En avril 2004, dans un document d’orientation intitulé Nouvelles frontières : bâtir un partenariat Canada-États-Unis pour le 21e siècle en Amérique du Nord, le CCCE adhère totalement au credo de Bush : « La croissance de l’économie mondiale et l’avenir du Canada (…) dépendent essentiellement des mesures que nous et les autres pays appliqueront pour faire échec aux menaces incessantes du terrorisme et des états hors-la-loi. Bref, pour le Canada et pour le reste du monde, la sécurité économique et la sécurité physique sont devenues inséparables ». En avril 2003 et en avril 2004, le CCCE tiendra même ses réunions printanières à Washington, en y associant plusieurs dirigeants politiques et militaires étasuniens.

Et en avant pour la guerre !

Le changement du rôle international des Forces canadiennes (FC) vers des opérations guerrières en partenariat avec l’armée étasunienne s’est effectué progressivement, depuis une quinzaine d’années, sans débat public et à l’insu de la population. C’est en février 2005 qu’il a été officialisé dans le budget du gouvernement libéral qui annonçait la plus forte augmentation des dépenses militaires depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale (12,8 milliards de dollars sur 5 ans). Le mois suivant, faisant écho au puissant lobby des grandes entreprises canadiennes et reprenant presque textuellement leurs orientations, est signé le PSP. La signification réelle de ce ‘partenariat’ allait commencer à se préciser dans les mois suivants.

Le 19 avril 2005, le nouvel Énoncé de politique internationale (EPI) du gouvernement Martin annonçait son intention d’accroître les forces régulières des FC de 5 000 membres et les forces de réserve de 3 000 membres et de doubler la capacité d’intervention rapide de l’armée canadienne à l’étranger. Et en juillet 2005, on annonçait que les troupes canadiennes en Afghanistan seraient déplacées de Kaboul à Kandahar, et qu’en février 2006, 1 400 soldats de plus seraient envoyés dans cette zone. Des nouvelles accompagnées de déclarations du nouveau Chef d’état-major de la Défense, Rick Hillier, se réjouissant de pouvoir pourchasser ces « ordures » terroristes et de voir enfin l’armée canadienne jouer son vrai rôle « d’être capable de tuer des gens ».

Des politiques anti-démocratiques

Répondant aux vœux des grandes entreprises au Canada – qui sont aussi celles qui profitent le plus des contrats militaires et ‘sécuritaires’ – le Gouvernement du Canada a donc imposé à la population une politique étrangère guerrière qu’elle continue par ailleurs de rejeter en majorité. De plus, tel que cela a été révélé il y a quelques mois seulement, au nom du même partenariat, on vise à quintupler l’exploitation des sables bitumineux en Alberta d’ici à 2030, rendant d’autant plus farfelue la prétention du gouvernement conservateur actuel de se préoccuper de l’impact des gaz à effet de serre et de vouloir respecter l’esprit du Protocole de Kyoto. Sur cet enjeu, l’écart entre les politiques du gouvernement et la volonté de la population est encore plus patent.

Le troisième sommet du PSP réunira un président étasunien dont les politiques sont appuyées par à peine le quart de sa population, un président mexicain dont l’élection est hautement contestée et un premier ministre canadien d’un gouvernement minoritaire. Les ententes qu’ils concluront à Montebello, sans débat parlementaire et sans discussion publique, n’auront aucune légitimité. Le Collectif Échec à la guerre et l’Alliance canadienne pour la paix appellent donc la population québécoise et canadienne à réaffirmer son opposition aux politiques guerrières, anti-environnementales et anti-démocratiques du Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité et à protester contre la tenue du sommet du PSP.

Non aux guerres d’occupation en Irak et en Afghanistan
Non au saccage accéléré de notre planète
Non au Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité